Who needs blood when we have lipstick ?

Who needs blood when we have lipstick ?
...


Crise et volupté Peut-être vaut-il mieux chercher le plaisir plutôt que le bonheur, il a au moins le mérite d'exister. C'est ce que chacun s'acharne à faire, non ? On peut tout sacrifier pour le mélange indigeste et nébuleux d'une quantité déraisonnable de plaisirs au détriment de leur qualité.
Crise et volupté La qualité n'appartient désormais plus qu'aux squelettes de luxe, qui s'évertuent à paraître parce qu'ils ne peuvent pas être. Toutes ces filles que l'ont voit déambuler ivre mortes sur les trottoirs des capitales sales et nauséabondes. Des seins en silicone, des lèvres en collagène, des traits de botox, des lentilles de couleurs, un nom de pute. Celles qui posent sur les photos qu'elles prennent d'elles-mêmes. Est ce qu'elles tentent de faire passer leur pose pour dérisoire afin de dissimuler que c'est leur existence qui l'est toute entière ? Malheureusement, je ne suis actuellement en mesure de n'exercer aucune de mes facultés, et encore moins celle de juger, c'est bien ce qui me perd.
Crise et volupté Déjà mon écriture se fait plus hasardeuse et ne rayonne pas d'intelligence, ce que je mets - pour m'ôter le sentiment indélicat de ma propre médiocrité qui est en fait celle de l'espèce humaine - sur le compte de la fatigue. Certes, je suis fatiguée, mais certes aussi ne puis-je m'en prendre qu'à moi-même. Tu es comme moi, tu le sais bien, nos cernes ont la même saveur. On sort à en vomir tous les soirs et à en crever toutes les aurores pour s'arracher au sentiment pénible que ce que l'on fait est vide. J'ai cru m'amuser sur l'instant, mais les vaines connaissances avec qui j'ai cru tisser des liens se révèlent n'être que d'obscurs visages, devenus familiers, et finalement défigurés par l'ivresse.
Crise et volupté On se tue lentement en croyant qu'on vit. Ou alors on est lucide, et j'ai quelque souffrance, il faut bien l'avouer, à m'inclure dans cette dernière catégorie. La lucidité est le pire des malheurs, car quand les autres croient innocemment savourer une énième cuite entre potes, parler avec Baudelaire après une quinzaine de joints, ou se taper une ligne dans les toilettes d'une boîte miteuse pour aller se démembrer sur de la techno bon marché en se laissant coller par le premier résidu d'humanité en manque de chair fraîche, moi, je suis consciente que je participe à ma propre mort, que je l'appelle à en régurgiter les litres de poison alcoolisé que mon foie me demande d'expulser.
Crise et volupté Quand on est sceptique comme moi face à une jeunesse qui ne sais plus voir qu'à travers la brume du lendemain de soirée et qui savoure sa gueule de bois, son mal de crâne qui menace de lui exploser l'encéphale mais qui lui procure le merveilleux et illusoire sentiment d'exister, on se demande ce qu'on fout là. Rien de dépréciatif dans tout cela, au contraire, mais j'ai peine à verser dans les vapeurs délirantes d'illusions que d'autres ont déjà eu. Au moins, certains trouvent un sens à leur vie, et si je ne peux en pleurer, j'aime autant les accompagner d'un sourire. Tu seras d'accord avec ça, j'en suis persuadée.
Crise et volupté Mais voilà que mes vieux démons me rattrapent, moi qui avait juré de ne plus me laisser entraîner dans le couloir aussi enfumé que perverti de ma conscience. Y retourner encore serait me condamner à la même tragédie que tous ces hommes, qui se sont laissé prendre par la facticité des sentiments, et qui, à force de réflexions amères, en ont oublié que la seule échappatoire à la déception est l'ivresse des sens. Peut-être est-il vain de chercher autre chose.
Crise et volupté Déjà l'aube transperce les persiennes, et mon cendrier débordant me fait comprendre que l'heure de dormir est passée depuis longtemps. J'ai raté une énième opportunité de faire la paix avec moi-même. Mais tant pis, si la nuit ne m'apporte aucune réponse, j'ai au moins le mérite de m'interroger. Je suis sans cesse dans des lieux de perdition où je n'ai plus envie de rien. Même la douce musique du jour qui pointe ne flatte plus mes oreilles, mes narines sont obstruées, ma langue pétille, mes yeux sont rouges sang et mes mains sales et dorées. Tu devineras par toi-même ce que cela signifie. Je crois que je suis née trop tard, c'est ce qui me vaut mes errances nocturnes. Il est temps que je te laisse la parole, je préfère pour l'instant tomber dans la narcose d'une énième fièvre névrotique.


...




# Posté le lundi 20 avril 2009 09:26

Modifié le samedi 25 avril 2009 07:16

Vienne la nuit, sonne l'heure ; des gens s'amusent, d'autres meurent.

Vienne la nuit, sonne l'heure ; des gens s'amusent, d'autres meurent.

# Posté le mardi 24 février 2009 13:22

Modifié le samedi 25 avril 2009 07:17

Je ne veux pas perdre ma vie à essayer de la gagner.

Je ne veux pas perdre ma vie à essayer de la gagner.
...

Melancholia.Il n'y a qu'un pas. Qu'un pas entre la raison et la folie, qu'un pas entre vous et moi. La raison vacille quand on se sent trop près de lâcher prise, de n'avoir que ses pieds pour se barrer. De l'eau plein les yeux, un orage dans la tête. Une envie d' air pur et de solitude. Il me prend l'envie de faire un grand feu, immense, apocalyptique, et de tout y jeter. Vous, moi, mes souvenirs, ma réserve de poison. Je peux le franchir, ce pas, ce n'est qu'une question de temps. Seulement pour le moment, c'est un pied derrière l'autre que j'avance, que nous avançons tous. La vie stagne malgré tous les efforts que je m'arrache, en vain. J'aimerais dévisser ma tête. La poser là, sur le toit, qu'elle regarde les étoiles sans contrainte. Sans envies artificielles. Mon corps, qu'il aille où il veut, que personne ne le retienne, tout droit vers le soleil couchant. A deux doigts de devenir barge, sans un mot, je n'ai plus de cordes vocales. Juste un souffle, un seul, meurtri par les excès d'une existence décadente. Ce que nous sommes devenus est une insulte à la nature.


...

# Posté le dimanche 05 octobre 2008 12:28

Modifié le vendredi 24 avril 2009 09:49

Elle se demande si après tout, c'était pas une foutue mauvaise idée de naître.

Elle se demande si après tout, c'était pas une foutue mauvaise idée de naître.
...


Brume silencieuse, dans l'air flottent tes dernières paroles. Mon propre écho me répond. J'observe la mer. Immensité glacée, profonde, portant les méandres de nos vies, bouillonnant comme nos pensées. Mon âme comme un tourbillon entraîne mon soupir dans les abysses.

Comme j'ai mal.

Le sable sous mes doigts. Petits grains semblables à l'humanité, chacun d'eux ondule au contact du vent. L'un d'eux s'envole et rejoint l'immensité de l'univers. Je le regarde partir. Je nous regarde partir. Abandonner la dernière lueur qui soutenait notre fragile équilibre. Détruits par la vie, absous par la mort. Ton dernier regard m'est allé droit au c½ur. Dernier sursaut de beauté, dernière étincelle d'absolue liberté. Le corps n'a plus d'importance.


...

# Posté le mardi 30 septembre 2008 13:02

Modifié le vendredi 24 avril 2009 09:50

♥
...

• • • • • • • • •

FÊTE DE L'HUMANITE

12 - 13 - 14 SEPTEMBRE 2008

PARIS

• • • • • • • • •






Au mileu des junkies, au mileu des cris de bourrés désespérés ("ApéroOoOo ?" / "J'encule mon père, j'encule ma mère, j'encule ma grand mère, cette grosse ~hips, oulah~ salope."), au milieu des foules déchainées, dans des tentes pourries qui s'envolent, à manger des trucs bizarres et trop chers, à essayer d'avoir un tête malgré tout, à boire moult verres au comptoir, à mêler sa voix à des milliers d'autres dans un chant d'humanité, à voir des keufs en barquettes de 40 format familial, à toucher le téton de Cali, sauter pour voir Pete Doherty et baver devant Thomas Dutronc (^^), au bord d'une autoroute à minuit... Au milieu de ce gigantesque regroupement humain nous étions, plus enthousiastes que jamais. Sublime.



...

# Posté le lundi 21 juillet 2008 04:16

Modifié le samedi 25 avril 2009 07:19